Maîtrise de soi et maîtrise de la faible tolérance à la frustration C'est quelque chose qui devrait s'apprendre dès la petite enfance et sous la supervision des parents. Un enfant qui n'a pas développé une faible tolérance à la frustration durant les premières années de sa vieIl est fort probable qu'il fasse de nombreuses crises de colère qui dégénèrent en rage et en indignation en grandissant. Il ne respectera pas les limites et aura l'impression que tout le monde est contre lui ou l'attaque lorsque ses désirs et ses caprices ne peuvent être satisfaits immédiatement. C'est pourquoi il est essentiel que les parents s'efforcent, à la maison, de favoriser la maîtrise de soi chez leurs enfants.
De nombreux parents ont tendance à penser que les enfants sont plus avancés qu'ils ne le sont en réalité parce qu'ils parlent et sont si bien compris. Mais La réalité est que le cerveau des enfants n'est pas encore complètement développé.L'apprentissage de la maîtrise de soi est nécessaire et ne peut s'effectuer que par la découverte de soi, la pratique, la répétition et... guide respectueuxNon pas par la punition ou la colère. C'est un processus lent qui se consolide tout au long de l'enfance.
En outre, La maîtrise de soi fait partie de l'intelligence émotionnelleCela implique de reconnaître ses propres sentiments, de gérer ces émotions et de choisir le comportement le plus approprié à chaque instant. Des études en psychologie du développement ont montré que les enfants qui parviennent à différer leur satisfaction et à réguler leurs impulsions ont tendance à présenter, des années plus tard, une meilleure adaptation sociale, une plus grande réussite scolaire et un plus grand bien-être émotionnelPar conséquent, aider les enfants à contrôler leurs émotions et leurs actions représente un investissement direct dans leur avenir.
Le fondement est la confiance

Les parents qui répondent aux besoins de leurs enfants le font en construisant confianceQuand le bébé a faim et se réveille en pleurant, ses parents le prennent dans leurs bras et le nourrissent ; quand il a froid, ils l’emmaillotent ; quand il a peur, ils le réconfortent. Grâce à ces expériences, le bébé apprend qu’il peut faire confiance à ses parents car ils prennent soin de lui et le protègent. Chaque fois qu'un parent apaise son bébé, son cerveau renforce les nerfs et les voies neuronales qui contribuent à calmer l'anxiété et à réguler les émotions.Cela l'aidera plus tard à apprendre à se calmer. C'est la base de la maîtrise de soi.
Avec le temps, l'enfant apprendra à avoir confiance : il mangera à l'heure et ses parents lui apporteront sécurité et réconfort. Cela l'aidera à apaiser son impatience et ses inquiétudes, car il saura que ses besoins seront satisfaits tôt ou tard. Les parents aident leurs enfants à atteindre ce stade en apaisant leur anxiété et en favorisant ce sentiment de sécurité et d'acceptation.Une créature qui se sent en sécurité à l'intérieur aura moins besoin de chercher l'attention par des comportements extrêmes et sera plus à même d'attendre, d'écouter et de coopérer.
Cette confiance est également renforcée par le écoute activeLorsque les adultes regardent un enfant dans les yeux, le laissent terminer ses phrases et manifestent un intérêt sincère pour ce qu'il dit, l'enfant apprend que ses émotions comptent et qu'il peut les exprimer sans crainte. Cette écoute active est la première étape qui lui permettra, plus tard, de s'écouter lui-même et de maîtriser son comportement.
En ce sens, il est important d'éviter de minimiser ou de ridiculiser ce qu'ils ressentent : des phrases comme « ce n'est pas si grave » ou « ne pleure pas pour des broutilles » n'aident pas à la maîtrise de soi, car elles sous-entendent que les émotions doivent être cachées. En revanche, des messages comme «Je comprends que vous soyez en colère.» ou encore : « Je sais que cela te met très en colère », validez ce que ressent l'enfant et permettez-lui de passer d'une explosion émotionnelle à une réflexion guidée.
Un bon exemple est nécessaire

Ce qui apprend véritablement aux enfants à réguler leurs émotions et à avoir une bonne maîtrise de soi, c'est sans aucun doute l'exemple de leurs parents. Les enfants apprennent davantage de ce qu'ils voient que de ce qu'on leur dit.Si les parents ne savent pas gérer leurs propres émotions et réagissent avec colère, en criant ou en prenant personnellement le comportement provocateur de leur enfant, ce dernier reçoit un message clair : la vie est pleine d’urgences et de situations très stressantes, et la meilleure façon de réagir est de perdre son sang-froid.
Ce contexte d'alarme constante nuit gravement à l'apprentissage émotionnel de l'enfant et l'empêche de cultiver le calme face à ses propres angoisses et insécurités. La chose la plus importante que les parents puissent faire est devenir ce modèle de calme et de régulation qu’ils souhaitent voir chez leurs enfants : respirer profondément, parler lentement, baisser la voix et montrer que, même dans les situations difficiles, il est possible de choisir comment réagir.
Par exemple, lorsqu'un enfant pique une crise parce qu'il refuse de quitter le parc, l'adulte peut se sentir frustré. S'il crie ou menace, il lui apprend que la frustration se résout par l'agression. En revanche, s'il dit : « Je suis en colère, je vais me calmer en prenant de grandes respirations et ensuite on pourra reparler », il fait preuve d'une technique d'autocontrôle. Ce type de modélisation est l'un des outils les plus puissants Enseigner la régulation émotionnelle sans longs cours magistraux.
C'est aussi très utile verbaliser à voix haute son propre processus interne« J’ai envie de répondre, mais je vais compter jusqu’à dix » ou « J’ai vraiment envie d’un autre biscuit, mais je vais attendre le goûter. » Ainsi, l’enfant comprend que même les adultes ont des impulsions et des désirs intenses, mais qu’ils peuvent les gérer grâce à des stratégies spécifiques.
La maîtrise de soi est possible grâce au développement du cerveau

Les jeunes enfants n'ont pas encore la capacité de résister à nombre de leurs impulsions lorsqu'ils veulent faire quelque chose, mais ils en seront capables en grandissant. La différence réside, dans une large mesure, dans… cortex préfrontal, une région du cerveau impliquée dans la planification, la prise de décision et le contrôle des impulsions, qui se développe lentement de la petite enfance au début de l'âge adulte.
Alors, comment renforcer le cortex préfrontal pour que les jeunes enfants soient capables de se maîtriser ? La réponse est simple : grâce à la pratique répétée, au jeu et à une bonne relation avec leurs parents.Chaque fois qu'un enfant s'arrête avant de crier, attend son tour dans un jeu ou choisit une option plus lente mais plus appropriée, il exerce les circuits cérébraux liés à l'autorégulation.
Des études classiques sur la maîtrise de soi chez l'enfant, telles que les expériences de Walter Mischel consistant à attendre une friandise en échange d'une récompense plus importante, ont montré que La capacité à différer sa gratification est liée à une meilleure adaptation future.Les enfants qui ont appris à attendre leur tour dès leur plus jeune âge ont obtenu de meilleurs résultats scolaires, une meilleure gestion du stress et ont présenté moins de problèmes de comportement des années plus tard. Cela ne signifie pas que leur avenir est prédéterminé, mais plutôt que développer la maîtrise de soi dès l'enfance constitue un atout considérable.
En pratique, lorsque nous aidons un enfant à s'arrêter, à réfléchir, à respirer et à choisir une autre réponse, nous « entraînons » son cerveau. Plus ce cycle se répète dans un environnement bienveillant et affectueux, Le processus d'autosurveillance sera davantage automatisé.Ainsi, petit à petit, il aura besoin de moins d'aide extérieure pour y parvenir.
Pratique, pratique et pratique

Vous avez sûrement déjà entendu l'expression « c'est en forgeant qu'on devient forgeron », et c'est vrai. Chaque fois qu'un enfant parvient à renoncer à quelque chose pour obtenir ce qu'il désire davantage, il développe des connexions neuronales dans son cortex frontal, connexions associées à l'autodiscipline. Lorsqu'un enfant se sent forcé d'abandonner quelque chose, ce n'est pas de l'autodiscipline.C'est l'obéissance dictée par la peur ou la pression extérieure.
De plus, si un enfant renonce à quelque chose qu'il désire sans avoir l'occasion de s'exercer à la maîtrise de soi, cela ne sera pas efficace. Un enfant capable de maîtriser ses impulsions est un enfant qui a un objectif (par exemple, l'approbation de sa mère, terminer un jeu ou obtenir une récompense future) plus important que son désir immédiat (une friandise inappropriée). L’adulte accompagne, mais la décision finale d’attendre doit venir, petit à petit, de l’enfant lui-même..
Un moyen très utile d'encourager cette pratique consiste à enseigner à l'enfant un processus interne simple : introspection, contrôle des impulsions et auto-renforcementAutrement dit, l'aider à être capable de :
- Arrêtez-vous un instant et Prenez conscience de ce que vous ressentez (« Je suis très en colère », « J'ai vraiment envie de m'enfuir »).
- Résistez à l'impulsion initiale (ne frappez pas, ne criez pas, ne jetez pas le jouet) et chercher mentalement une autre option.
- Félicitez-vous lorsque vous réussissez, en vous disant par exemple : « J’ai réussi à attendre » ou « J’ai bien fait ».
Ce processus, qui nécessite initialement beaucoup d'encadrement par les adultes, se transforme au fil du temps en dialogue intérieur de l'enfantC’est là que la maîtrise de soi devient véritablement une compétence personnelle et non pas simplement une réponse à ce que les autres vous disent.
Fixez des limites empathiques

Chaque fois que vous définissez un limite qu'un enfant accepteIl s'exerce à la maîtrise de soi. Bien sûr, les enfants préfèrent continuer à jouer, mais s'il sait qu'il y aura des conséquences à ne pas ranger, il sera obligé de réfléchir et de faire un choix. De même, lorsqu'il joue dans la salle de bain et éclabousse tout, inutile de vous énerver ; il a besoin d'un lien affectif avec vous pour comprendre que ce n'est pas bien et pour que vous lui appreniez à se comporter correctement pendant le bain.
La punition ne favorise pas l'autodiscipline ou la maîtrise de soi L'enfant n'aura pas eu l'occasion de choisir d'arrêter ce qu'il faisait : s'il y est contraint, il n'apprendra pas, il se soumettra simplement. Il faut garder à l'esprit que la permissivité sans limites claires (l'autre face de la médaille) n'encourage pas non plus l'autodiscipline ni la maîtrise de soi chez les jeunes enfants, car ils ne ressentiront pas le besoin de s'arrêter. Il est important de fixer des limites avec compréhension, en expliquant le raisonnement derrière les règles, afin que les enfants puissent les accepter et développer une bonne maîtrise de soi.
Pour que ces limites soient véritablement éducatives, elles doivent être claires, comporter peu de règles, être bien définies et toujours s'accompagner de conséquences cohérentes connues à l'avance. Les enfants coopèrent mieux lorsqu'ils savent ce que l'on attend d'eux. Et que se passera-t-il si les règles ne sont pas respectées ? C’est ainsi que nous réduisons le sentiment d’injustice et les luttes de pouvoir qui déclenchent des débordements émotionnels.
C'est aussi essentiel Adapter ses attentes à l'âgeOn ne peut pas attendre d'un jeune enfant le même niveau de maîtrise de soi que d'un enfant plus âgé. Durant les premières années, les limites s'accompagnent d'un soutien physique et émotionnel important (recadrage, réconfort, proposition d'alternatives). En grandissant, on peut leur confier davantage de responsabilités et les impliquer davantage dans l'élaboration des règles familiales.
C'est un processus lent, mais avec de la constance, vous obtiendrez de bons résultats. Votre enfant a besoin de se sentir maître de son environnement, et si vous lui permettez d'exercer ce contrôle dans le cadre des règles et des limites que vous avez établies à la maison, il sera plus motivé à se maîtriser et à adopter un comportement exempt de colère, de crises de colère et d'impolitesse. Mais n'oubliez pas : Votre exemple et la façon dont vous fixez des limites sont primordiaux..
Jeux et activités pour développer la maîtrise de soi

Jeux corporels et de mouvement
Des jeux qui demandent Immobilisez le corps, attendez un signal Modifier les réponses contribue à développer le contrôle des impulsions motrices, ce qui est très important pendant l'enfance, et peut même être complété par des activités de discipline physique telles que judo pour enfants, qui enseignent la maîtrise de soi et le respect.
- Le jeu de la tortueL'enfant est allongé sur le ventre et fait semblant d'être une tortue cachée dans sa carapace. Il contracte ses bras, ses jambes et son cou pendant quelques secondes, puis, suivant les instructions de l'adulte, il en sort lentement en relâchant chaque partie. Cet exercice entraîne le conscience corporelle et la relaxation progressive.
- professeur de yogaL'enfant devient le « professeur » et choisit des étirements doux, des exercices de respiration profonde ou des massages avec des plumes ou des objets doux. En plus de se détendre, apprendre à gérer son propre calme et celle des autres.
- Feu rouge, feu vert, « poulet » ou « Jacques a dit »Tous ces jeux nécessitent d'écouter des instructions, de s'arrêter brusquement et de modifier ses actions en fonction des consignes. Ils sont idéaux pour travailler attention soutenue et inhibition motrice.
- Danse de la Reine des NeigesOn danse pendant que la musique joue, et quand elle s'arrête, tout le monde doit s'immobiliser comme des statues. Cela entraîne le transition rapide de l'agitation à l'immobilité, quelque chose de très utile dans la vie de tous les jours.
- Course d'escargotsLe gagnant est le dernier à franchir la ligne d'arrivée, en se déplaçant le plus lentement possible. L'enfant doit contrôler son envie naturelle de courir et régulez la vitesse de votre corps.
Jeux cognitifs et réflexifs
En plus du corps, il est important de travailler sur le contrôle des pensées et des décisionsVoici quelques jeux très utiles :
- Échecs et jeux de société au tour par tourElles contribuent à développer la planification, la patience, la tolérance à la frustration et l'acceptation des erreurs. Chaque pièce nécessite réfléchir avant d'agir et en accepter les conséquences.
- Jeux « Go / No Go »Par exemple, dire le nom d'une couleur écrite dans une autre couleur, ou applaudir deux fois quand l'adulte applaudit une fois. Ces activités entraînent le Contrôle cognitif et flexibilité mentale.
- Constructions avec instructionsSuivre un plan étape par étape (blocs, pièces à assembler) exige de l'attention, de la mémoire de travail et la capacité de résister à la tentation d'improviser. C'est là que le travail se fait. contrôle inhibiteur et la capacité de suivre les directives.
Des espaces et des objets pour se calmer
En plus des jeux, il est conseillé de proposer à l'enfant ressources spécifiques À utiliser lorsque vous vous sentez très en colère ou nerveux.
- Un espace de calmeUn coin tranquille de la maison ou de la classe avec des coussins, des peluches, des livres, un dessin apaisant ou une musique douce. Expliquez à l'enfant que c'est un endroit où il peut se réfugier quand il en a besoin. Retrouver le calme et se sentir en sécuritéCe n'est pas un lieu de punition.
- balle ou pot apaisantDes objets du quotidien qui, lorsqu'on les secoue, laissent apparaître du sable, du riz ou des paillettes dans l'eau. Observer la façon dont les particules se déposent progressivement invite à… réguler la respiration et diminuer l'activation.
- balle anti-stressUn ballon rempli de riz, de lentilles ou de pois chiches que l'enfant peut presser lorsqu'il est en colère ou tendu. C'est une façon simple de canaliser une énergie intense sans causer de dommages.
Activités sensorielles et artistiques
Stimuler les sens aide de manière appropriée passer d'un état d'hyperactivation à un état de calme.
- bac à sableUne boîte remplie de sable fin et de petits jouets. L'enfant peut y plonger ses doigts, dessiner ou y cacher des objets. Cette expérience tactile favorise… la pleine conscience dans le présent et de détente.
- Musique, histoires et mantrasÉcouter des mélodies douces, des histoires audio ou de courtes phrases répétées (mantras) permet au cerveau se concentrer sur un stimulus rythmique qui réduit progressivement l'intensité émotionnelle.
- Arts plastiques: coloriage de grands dessinsPeindre ou modeler de la pâte à modeler aide à se concentrer et à canaliser ses émotions. réguler l'impulsivité de manière créative.
Ressources émotionnelles : métaphores et langage
Enfin, il est très important d'apprendre à l'enfant à mettre des mots et des images sur ce que vous ressentezafin de mieux la comprendre et de pouvoir choisir des comportements plus adaptés.
- El VolcanCela explique qu'à l'intérieur, nous sommes comme un volcan. Lorsque nous sommes calmes, la lave reste à l'intérieur ; lorsque nous sommes très en colère, la lave entre en éruption. Cette métaphore aide à Comprendre la colère et ses accès de colèreet discuter de ce qu'il faut faire avant d'« exploser ».
- Gâteau apaisantOn dessine un gâteau divisé en parts, et sur chaque part est écrite une astuce pour se calmer : respirer profondément, compter jusqu’à dix, penser à quelque chose d’agréable, demander un câlin… Ainsi, quand l’enfant est contrarié, il peut choisir une part et rappeler une stratégie spécifique.
- Feu de circulation émotionnelUn feu tricolore est dessiné, chaque couleur étant associée à une action : rouge (je m’arrête), jaune (je réfléchis à ce que je ressens et à ce que je peux faire), vert (j’agis calmement). Ainsi, l’enfant… Apprenez à freiner avant de réagir..
- bulletin météorologique intérieurDemander « Quel temps fait-il là-dedans ? » invite l'enfant à associer ses émotions à des images comme le soleil, les nuages ou un orage. Cela lui permet de mieux comprendre et de décrire plus facilement ce qu'il ressent. Exprimez votre humeur même s'il ne maîtrise pas encore le langage émotionnel.
Tout cet apprentissage exige une coordination entre la famille et l'école, de la patience et une présence adulte positive. En retour, les enfants développent une compétence qui influence positivement leurs relations, leurs capacités d'apprentissage et leur bien-être tout au long de leur vie. Encourager la maîtrise de soi dès l'enfance ne signifie pas exiger la perfection, mais plutôt soutenir chaque petit progrès avec compréhension, en fixant des limites claires et en répétant sans cesse qu'on peut toujours apprendre à réagir différemment.
